Une astuce infaillible : la lecture à haute voix

Cela va peut-être vous paraître étrange, voire, saugrenu, mais le conseil que je vais vous donner maintenant est, pour moi, l’un des plus importants : prenez l’habitude de vous relire systématiquement à haute voix.

Pourquoi? Parce qu’à force de le retravailler, vous allez connaître votre texte sur le bout des doigts et vos yeux vont vous trahir. Même si vous n’en avez pas conscience,  si vous ne vous relisez que « dans votre tête », vous allez immanquablement passer à côté de mots oubliés, de répétitions, d’inversions, de doublons, de tics de langage et autres répliques ou concordance des temps bancals que vous ne verrez pas. Ou plutôt, que vos yeux verront, mais sans les identifier. Or, la qualité première d’un livre, celle qui fait qu’un lecteur a plaisir à le parcourir, c’est sa fluidité.

Pour éviter ces travers, une seule solution : la lecture systématique à haute voix. Et quand je dis « haute », je pense « forte ». Marmonner ne vous avancera pas à grand-chose. Déclamez tout, absolument tout, pas uniquement les dialogues, en respectant la ponctuation (ce qui vous permettra, au passage, de contrôler si elle est bien placée, cette fameuse ponctuation qui est censée rythmer votre texte sans le hacher menu). Et quand vous relisez vos dialogues, mettez le ton, cela vous aidera à vérifier si vos répliques sont dans le ton, justement.  Si cela sonne vrai. Si c’est facile à dire. Car, si ce n’est pas facile à dire, figurez-vous que ce sera encore plus difficile à lire. Et oui. Et c’est là que vous risquez de perdre des lecteurs en route.

En procédant de cette façon, vous vous surprendrez à rire quand c’est drôle, à pleurer quand c’est triste (si, si, juré craché, ou alors, c’est qu’il faut corriger, justement). Vous pourrez mieux vous rendre compte de la poésie, de la pertinence ou de la crudité de vos descriptions. Et surtout, vous allez découvrir que, trois lignes plus haut, vous avez déjà utilisé le même adverbe, ou le même adjectif, ou la même tournure de phrase. Parce que vous aurez l’impression de vous répéter. Alors qu’en vous contentant de lire, vous ne l’auriez pas vu. Vous constaterez que vous employez toujours les mêmes mots, quand il en existe beaucoup d’autres. Vous cisèlerez plus facilement vos dialogues, vous taillerez dans le vif pour donner du rythme, vous saurez enfin si vos personnages s’expriment comme ils le devraient (les rappeurs qui parlent comme au temps de Louis XIV, on oublie, et inversement).

Même ces articles, je les relis à haute voix, c’est devenu un « tic ». Et quand j’écris mes livres, je relis tout, scène par scène, dix fois, vingt fois, avant de valider. La mémoire auditive est extrêmement développée. C’est elle qui vous alertera, qui vous fera percuter : « il y a 30 pages, ça, je l’ai déjà dit ».  Ou : « décidément, à part « il déclare », je ne sais rien dire d’autre. Pourtant, il doit y avoir d’autres verbes pour ça, non? ».

Essayez, vous verrez, c’est infaillible. Et n’hésitez pas à appliquer cette méthode à tout ce que vous publiez y compris, comme nous le verrons plus tard, vos pages de présentation et votre biographie. C’est simple : interdisez-vous d’envoyer quoi que ce soit sur KDP ou ailleurs qui concerne vos écrits et que vous n’auriez pas relu à haute voix.  Plusieurs fois, c’est encore mieux.

Moi, par exemple, je viens de me relire quatre fois… Je sais, pour l’entourage, c’est chiant. Mais tant pis, c’est efficace. Distribution de boules quies pour tout le monde. C’est aussi cela, d’avoir un auteur auto-publié dans sa famille…

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  1. « Je sais, pour l’entourage, c’est chiant. Mais tant pis, c’est efficace. Distribution de boules quies pour tout le monde. C’est aussi cela, d’avoir un auteur auto-publié dans sa famille… »

    C’est clair que l’idée même de lire mon texte dans le salon (là où j’écris…) me paraît délicate à appliquer… C’est pourtant un conseil que j’ai déjà lu par ailleurs et qui semble très bon.

    Ok. J’achète une maison avec une pièce de plus, que j’insonorise. ^^

    Vous pourrez vous vanter de m’avoir fait dépenser de l’argent, Lise. 😀

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    1. Mais je vous jure que j’écris dans ma cuisine! Moi non plus, je n’ai pas de bureau où je pourrais m’isoler. Au pire, échangez le salon avec la cuisine (quand tout le monde est devant la télé, dans le salon). C’est vrai que cela donne un peu l’impression de parler tout seul mais après tout, un écrivain, c’est aussi un artiste, n’est-ce pas? Et on leur pardonne tout, aux artistes, même, d’avoir une araignée au plafond. Du moment qu’ils se débrouillent pour être reconnus de leur vivant…

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