La présentation de votre livre : au moins aussi importante que ce qu’il y a dedans

Parmi les écueils qui se dressent devant le frêle esquif de l’auto-publié, brinquebalé dans la tempête de son lancement sur Amazon, la page de présentation du livre est une falaise sur laquelle il vaut mieux éviter de se fracasser.

Je m’explique : étant donné que vous publiez sous Kindle, vous n’avez pas ce que l’on appelle « une 4ème de couverture », c’est à dire, le dos du livre. Là, où tout se joue. La page que tout lecteur averti consulte avant de passer à la caisse (sauf si vous vous appelez Gavalda ou Musso, mais nous n’en sommes pas là). Mais par contre, vous avez toute la place nécessaire, et même davantage, pour la créer. Et c’est là que les choses se corsent, car, n’étant pas Marc Lévy, aucun éditeur ne s’en chargera pour vous. C’est donc sur vos épaules que va reposer la lourde charge de donner, à des inconnus, envie de vous lire. Préparez-vous à cette épreuve avant de publier, au risque de taper n’importe quoi, élaboré à la va-vite parce que ça fait déjà 3h que vous vous faites c… à télécharger sur Kindle, ce qui pourrait vous porter préjudice. Là encore, un simple tour sur Amazon suffira à vous convaincre qu’il vaut mieux soigner ses effets que réparer les dégâts.

La tentation est forte de « balancer la purée » : tout dire, tout raconter. De quoi ça parle, qui sont les personnages, faire carrément un résumé de l’histoire ou un panégyrique du style… J’ai même vu, chez certains, une liste exhaustive des personnages en question, avec les liens qui les unissaient. Mortel! Que dis-je, rédhibitoire! La difficulté, c’est de réussir à dire sans dire, de donner envie sans dévoiler. Ni se jeter des tombereaux de fleurs parce que ça se voit tellement que cela en devient suspect.

Donc, aucun résumé. A la place de « résumé », pensez « accroche ». Au lieu de : « le jeune Igor Tartenpion, étudiant médiocre mais passionné par le piratage informatique, découvre par hasard qu’il est possible de s’introduire dans le système central de la banque où travaille Miss Bidule, dont il va tomber amoureux tout en l’aidant à  contrecarrer un odieux complot fomenté par des terroristes islamistes radicaux… » préférez : « un roman d’espionnage palpitant et torride, dans l’univers du hacking et de la finance, entre Paris et Djakarta ».  Pour vous aider, encore une fois, inspirez-vous des livres que vous avez chez vous. Ou allez à la Fnac et traînez dans les rayons. Repérez quelque chose qui se rapproche de votre univers, et prenez en photo la 4ème de couv. Cela vous fera un excellent point de départ. Figurez-vous que pour la mienne, la première, je me suis inspirée du fameux navet sur le grimoire disparu (voir l’article Episode 1, de la rubrique Histoire d’une Sombre Histoire). Comme quoi, dans un livre, tout n’est pas forcément à jeter.

Personnellement, je ne vous conseille pas de citer un extrait du livre. C’est bon pour les auteurs reconnus, pas pour ceux qui se lancent. A moins que vous ne soyez persuadé que votre style est irrésistible, ou que toute l’intrigue tienne en 2 répliques… De même, on évite les soi-disant commentaires de presse, pour faire comme les grands : « excellent » (signé : ma grand-mère), ou « un livre palpitant » (par Le Courrier de Saint-Cucugnan)… Ridicule (mais véridique, là encore). Pour passer pour un imbécile imbu de lui-même, il n’y a pas mieux. A moins que ce ne soit cela, le thème de votre livre…

Principes à conserver à l’esprit : des phrases courtes, des termes percutants. Pensez à vos futurs lecteurs. Vous visez des femmes entre 25 et 60 ans, à la recherche de littérature romantique (c’est très à la mode)? Alors allez-y ! « Sexy, sensuel, plein d’humour, léger,  drôle et tendre »… On y va, on en rajoute. Mais on évite les gros sabots : « top érotique, moins de 18 ans interdits de lecture, chauds, les marrons », ça ne marchera pas, personne ne sera dupe. Je vous rappelle que, contrairement aux sites américains, sur amazon.fr, on ne vous demande pas si vous publiez du contenu strictement destiné aux adultes. A vous de choisir et si vraiment c’est  le cas, si c’est encore plus chaud que chaud, mieux vaut vous lancer en rubrique « porno », il y en a une, ce sera moins déroutant pour vos lecteurs (et moins risqué pour vous).

De même, limitez-vous en terme de place. Refrénez vos ardeurs. Sur Amazon, vous avez de quoi écrire trois pages, c’est beaucoup trop. Au-delà d’une trentaine de lignes, votre futur lecteur aura décroché, il sera allé voir ailleurs. Par contre, vous pouvez choisir, comme je l’ai fait, de scinder votre présentation en deux parties : la première, sur la série en général, la seconde, spécifiquement sur le tome. C’est une décision que j’ai prise car je voulais que les lecteurs potentiels comprennent tout de suite le ton un peu décalé de mes livres (présentations consultables dans la rubrique : Publications).

Et c’est un autre principe à conserver en tête : votre présentation doit être le reflet de ce que vous écrivez. Vous ne pouvez pas présenter un thriller comme un livre d’amour. C’est humoristique? Soyez drôle. C’est terrifiant? Faites peur. C’est triste? Soyez émouvant. C’est chiant?… Soyez honnête. Prévenez que c’est un peu ardu mais qu’en s’accrochant, on arrive au bout, en apprenant plein de choses. Sinon, le lecteur sera déçu. Et un lecteur déçu a plus de chances de le faire savoir qu’un lecteur conquis, c’est la dure loi du sport. Dès cette première page, vous devez être « dans le ton », mais le vôtre. C’est votre première occasion de faire découvrir votre style alors, lancez-vous! Vous ne risquez rien. Si les lecteurs mordent à l’hameçon, c’est gagné. Sinon, il vaut mieux les décourager tout de suite, au risque de vous retrouver avec des commentaires peu flatteurs (et impossibles à faire disparaître de votre page, je le rappelle). En ce qui me concerne, je n’ai pas hésité. Je voulais absolument que l’on comprenne que ce n’était pas une énième resucée des romans américains du même genre (même si certains ont la comprenette un peu difficile, j’y reviendrai…). Et tant pis si cela ne plaisait pas, ça n’aurait pas plu, de toute façon (la preuve : les mêmes).

Voilà. En résumé, faites court, concis et percutant. Passez-y du temps, ça vaut le coup. Personnellement, j’ai réfléchi une semaine entière à cette unique page de présentation.

Et pour la biographie (au moins aussi risquée que la page de présentation),  un peu de patience, ça vient!

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