Le casse-tête de la biographie

Vous l’attendiez tous, le voilà, le fameux article sur la biographie. Au vitriol, comme de bien entendu. En effet, si vous publiez sur Amazon, en plus de la page de présentation de votre livre , il va également falloir que vous prévoyiez une biographie.

La question n’est pas simple et elle est diversement abordée par les auteurs auto-publiés. Deux écoles se démarquent nettement : celle qui consiste à vouloir faire croire que l’on est talentueux avant même d’être lancé (de loin, la plus répandue), et celle qui mise sur la sobriété.

Or, à mon avis, dès cette page, vous risquez gros. Certes, le ridicule ne tue pas, mais quand même. Qui peut être intéressé par votre signe astrologique, voire votre ascendant? Si vous êtes lion ascendant poisson et que l’on est taureau, on peut lire ou ça risque de nous exploser à la figure? Et l’école où vous avez usé vos fonds de culotte ?… Petit rappel, nous ne sommes ni sur LinkedIn, ni sur Viadeo, ni sur Copains d’avant… Mais en train de nous prendre la tête avec votre biographie d’auteur, sur Amazon. Que prouve, aux yeux d’un lecteur potentiel, le fait que vous affirmiez dévorer des romans depuis que vous avez dix ans? Pas nécessairement, que vous êtes un écrivain. La preuve : de l’autre côté de l’écran, le lecteur compulsif qui vous découvre n’a peut-être jamais envisagé de sauter le pas, lui… Qui va vous croire quand vous prétendez avoir publié de nombreux ouvrages (à succès, bien entendu), alors qu’il n’y en qu’un seul, sous votre nom? Et qu’en plus, il est mal classé? Allons, allons, un peu de lucidité…

Autre problème : allez-vous vous présenter à la 1ère ou à la 3ème personne? « Je vis en région parisienne » ou « Lise Journet vit en région parisienne »? A cette question, je répondrai que la seconde version me paraît plus professionnelle mais attention, elle n’en est que plus savonneuse. Comme vous n’avez pas d’éditeur, chacun comprend aisément que c’est vous, qui écrivez sur vous-même. Si c’est à la 3ème personne, vous devez n’en paraître que plus modeste. Sinon, cela tourne vite à la gonflette, et qui dit « gonfler » dit « lasser ». Tout le monde n’est pas Alain Delon.

Enfin, l’épineuse question de la photo. Ah, la photo… Et oui, il est prévu d’en mettre une. Là aussi, c’est assez amusant car, pas de chance, impossible de se faire doubler par un animal ou une fleur, comme sur Facebook. Ni même, de prendre votre matou dans vos bras pour vous cacher derrière. Amazon exige de l’humain et uniquement de l’humain. Il y a donc les adeptes de la mise en scène travaillée : maquillage « papillon » sur le visage d’une certaine auteure de fantasy… au-delà de la grande section de maternelle, c’est difficile à assumer. Et plus encore, à prendre au sérieux. Je me suis demandé un instant avec terreur s’il allait falloir que je porte des fausses dents… de vampire. Ou que je me fasse la tête de Morticia, dans la Famille Addams. Le regard perdu vers l’horizon, style « penseur de Rodin », c’est très prisé aussi. De préférence, dans un cadre évocateur : rocher isolé face à l’océan, falaise à pic, ruines croulantes… Il y a ceux qui font semblant d’écrire… à la main. Surpris en flagrant délit de tricotage de méninges. Et puis, il y a ceux qui renoncent, purement et simplement. Au risque de laisser soupçonner qu’ils ne sont pas photogéniques. Qu’ils se rassurent, ils ne sont pas les seuls.

Alors, tout ceci étant posé, comment allez-vous vous en sortir? Mon conseil, c’est de naviguer un peu pour voir comment vous réagissez face à ces fameuses biographies. Est-ce que vous y croyez, ou pas? A force, vous allez vous faire une idée plus précise de la manière dont vous avez envie de vous présenter. Et surtout, de ce qui vous paraît caricatural, pompeux, niais, puéril, bref, de nature à vous mettre en position délicate.

En ce qui me concerne, j’ai « tilté » sur la biographie d’une auteure de romances, Angéla Morelli, que j’ai trouvée naturelle, fraîche et pleine d’humour. Avec cette petite pointe d’auto-dérision qui fait si souvent défaut, dans notre univers. Et c’est de cette biographie que je me suis inspirée : une photo souriante qui vous regarde dans les yeux, un petit texte sans prétention que je vous fais partager avec plaisir : « Angéla Morelli est née sur les rives verdoyantes de la Garonne, qu’elle a quittées il y a longtemps pour les brumes de la capitale. Diplômée de Lettres Modernes, traductrice de romances plus ou moins épicées (on lui doit entre autres la traduction de la série britannique 80 notes), elle est tombée dans la marmite de la romance en succombant, un soir d’inadvertance, au charme ténébreux de Joffrey de Peyrac. Quand elle a compris qu’elle n’épouserait jamais Rhett Butler, et en attendant de rencontrer enfin Ryan Gosling, elle a décidé d’écrire des romances dans lesquelles elle pourrait donner libre cours à son penchant pour les hommes intelligents et sexy.Elle se plaît dans le genre de la romance contemporaine urbaine dans laquelle humour et amour forment un cocktail détonant ! »

Et voici donc le résultat : « Lise Journet est née le 5 mai 1973 et vit dans le Val d’Oise où elle situe l’action de ses romans, n’ayant mis qu’une fois les pieds à New-York et encore, c’était il y a longtemps. Profitant d’une pause dans une carrière éclectique sans aucun rapport avec le domaine de l’édition, elle a décidé d’écrire l’histoire qu’elle désespérait de trouver. Poursuivant sur une lancée qui la mènera peut-être quelque part grâce à vous, lecteurs ô combien précieux qui méritez une reconnaissance éternelle, elle se prépare déjà à publier la suite des Sombres histoires de sang. Des histoires au ton léger et sexy dans lesquelles humains et vampires se côtoient, et plus si affinités, pour ramener un peu de justice en ce bas monde. Et tenter de vous faire passer un bon moment« . Quant à la photo, j’ai recadré un cliché de vacances sur lequel je me convenais : je ne faisais pas la tête, je regardais en face, j’avais l’air normal, pas inquiétant… Pas de livre dans les mains, pas de stylo, pas de physionomie inspirée, pas de maquillage à la Kiss. Juste, ma tête, un petit sourire en prime. J’ai considéré que c’était suffisant.

Pour le texte, je pense qu’il faut privilégier les éléments qui éclairent votre livre. Moi, si j’ai indiqué que je vivais en région parisienne, c’était uniquement pour préciser que j’y situais mes intrigues. Sinon, cela n’aurait présenté aucun intérêt. Même chose pour ma date de naissance, histoire qu’on ait une idée de mon âge (je ne suis plus une gamine = je n’écris pas pour des ados).

Il faut également que votre bio soit dans le même ton que vos livres. Si vous publiez un traité de physique quantique, votre photo peut être sévère et votre texte faire référence à votre parcours universitaire. Mais si vous versez plutôt dans le comique, postez de vous une photo souriante. Et, à mon humble avis, évitez les mises en scène grotesques, les photos trop visiblement posées, les jeux de mots lourdingues (et les fautes d’orthographe. Si, si, là aussi, on en ramasse à la pelle, comme les feuilles mortes).

Et surtout, un petit salut amical à vos futurs lecteurs, ça ne mange pas de pain et c’est sympathique.  Aussi ahurissant que cela puisse paraître, c’est encore plus rare que l’auto-dérision.

A suivre, bientôt, les questions concernant la couverture et le titre et, bien sûr, le lancement. Je sais, c’est un peu le vrac mais j’écris comme ça me vient. Et c’est toujours comme cela, d’ailleurs. Dans le désordre.

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