Episode 5 : La course contre la montre

Le Livre 2 poursuit sa route, le Livre 1 se maintient toujours. A eux deux, ils se vendent à 20 exemplaires en moyenne par jour. Je commence à entrevoir la stratégie gagnante : publier, encore et toujours.

Un reportage sur Amazon, diffusé sur Arte, me conforte dans cette idée. On y cite une auteur allemande qui publie des romances se déroulant dans les Highlands (où, croit bon de le préciser le journaliste, elle n’a jamais mis les pieds). Un livre tous les 3 mois. Résultats : 200 000 exemplaires vendus et la jeune femme en question n’a jamais repris son poste après son congé maternité. L’idée me trotte dans la tête…

D’autant que, comme je l’ai expliqué précédemment, ma technique d’écriture est particulière. Je n’écris jamais dans l’ordre chronologique. Et lorsque je suis bloquée sur un livre, lorsque je suis en panne d’inspiration, je passe à un autre. J’ai donc, en permanence dans ma musette, plusieurs romans en cours d’écriture. Plusieurs « squelettes » de livres d’une cinquantaine de pages A4.

Me voilà donc lancée sur le 3 (et accessoirement, le 4, le 5 et le 6…). Je musarde, je prends mon temps. Je modifie plusieurs fois le scénario des intrigues annexes. L’histoire principale, je l’ai mais c’est autour que ça pédale… Je me décide pour le mois de juin. Et là, me vient une idée. Le 6 juin tombe un vendredi, jour où je publie traditionnellement (parce que j’ai publié le 1 un vendredi et que depuis, je continue). Date du débarquement et non moins célèbre date de naissance de mon cher et tendre (dénicheur de titres et de 4èmes de couverture, chacun son métier…).

En plus, le vendredi suivant c’est le 13, il vaut mieux ne pas tenter le diable…

J’annonce donc fièrement sur Facebook, plusieurs semaines à l’avance, que le Livre 3 sera publié le 6 juin. Peu de réactions (mis à part de fidèles lecteurs qui sont toujours au RDV), je me dis que c’est passé à la trappe. Et je me le dis d’autant plus que plus la date approche, moins je me sens prête. Mon problème est le suivant : je ne publie jamais rien sans l’avoir relu une centaine de fois. Quand je dis « cent », je suis gentille. J’ai dû passer des journées entières sur des paragraphes de cinq lignes…

Or, à quelques jours de la date fatidique, ma fidèle correctrice pointe du doigt une faiblesse. Elle n’apprécie pas la façon dont je traite l’intrigue principale. Elle voudrait quelque chose de différent… J’aimais bien l’idée que Sasha se conduise comme un gamin mais elle veut autre chose. Quelque chose de plus sombre… Nous sommes le 30 mai, nous profitons du weekend prolongé pour visiter Amsterdam… Pour elle, c’est trois fois rien à corriger, on verra ça dans le Thalys du retour. Pour moi, c’est la catastrophe car toutes les scènes sont liées.  Résultat, je dis « oui, oui, oui » à tout ce qu’elle me raconte dans le TGV et à partir du 2 juin au matin, je travaille douze heures par jour, retranchée dans la chambre de mon fils qui a la chance d’avoir un bureau dont il ne se sert jamais. C’est plus confortable que la cuisine où j’écris habituellement et surtout, je peux me relire à haute voix. Je ne sors de ma tanière que pour manger et dormir.

Le 6 juin, devant les commémorations du débarquement, je m’arrache encore les cheveux sur la 4ème de couverture.  J’agace tout le monde, j’exige qu’on s’intéresse à mon problème. On s’y intéresse, je parviens à publier.

Et dès le lendemain, les premiers chiffres tombent. Moi qui croyais que mon annonce était passée inaperçue, j’en suis pour mes frais. Jamais je n’ai connu un démarrage pareil.  23 ventes dès le premier jour et jusqu’à 41, aujourd’hui, 5 jours plus tard. Le Livre 3 est n°1 en SF dès le 7 juin. Quand j’affiche la page à l’écran, je vois mes 3 tomes dans les 6 premiers. Zut, j’ai fait « blanc, bleu, rouge »…

Cette fois-ci, non seulement je me dis que je suis une auteure mais surtout, surtout, que j’ai réussi à me constituer un lectorat. Un lectorat fidèle, un lectorat que je croise sur FB, qui m’encourage à chaque étape et que je ne remercierai jamais assez.

L’étape suivante, c’est l’étranger. Réussir ailleurs ce que je fais en France. Le coût est élevé mais je ne désespère pas d’y parvenir. A condition de trouver un traducteur qui ne massacre pas le style. On en a vu d’autres s’y casser les dents. Quand on s’appelle JR Ward, ça va. Quand on s’appelle Lise Journet, ça craint…

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  1. Bravo à toi ! Tu as de la persévérance et de l’énergie à revendre. Et puis tu as raison: la meilleure façon de gagner des lecteurs, c’est de publier d’autres (bons) textes. Courage !

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