Désolée, mais j’ai toujours autant de mal avec les promos qui contiennent ce genre de faute : « cette été »… aïe aïe aïe… « L’auto-publication, je ne sais pas comment sa marche »… Que celui qui ne voit pas la coquille change de métier… On trouve aussi : « surmonter les épreuves de la vie, vous parle aussi »??? Non, moi parle pas… Mais toi peut-être, avec signaux de fumée… Pemmican et calumet de la paix sous tipi à toi… Ouille, aïe aïe aïe… Pas bon, pemmican…

Le vélo n’a même plus de roues, il roule sur la jante. Et dans ce fatras, combien d’auteurs auto-proclamés se demandent-ils toujours pourquoi personne ne veut les lire???

Mais parce qu’ils n’écrivent pas en français!!!

CQFD

PS (publié plus tard…) : je ne commenterai pas les commentaires (redite faite exprès) pointant mes piètres connaissances en mécanique (« rouler sur la jante » ne serait pas exact, d’un point de vue purement technique dont je me contrefous…), mais, au fil de mes lectures, je souhaiterais ajouter ce savoureux exemple d’auteur qui roule sur la jante : je viens de découvrir un auteur qui annonce les tomes 5 et 6 de sa trilogie… Moi, je ne roule plus sur la jante, je suis en train de me bourrer la gueule. C’est correct, ça, d’un point de vue mécanique?

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Petite précision utile concernant les Sombres Histoires de Sang.

Un GROS coup de gueule qui me trotte dans la tête depuis un moment mais ce soir, rassurée par les excellents chiffres du Livre 3 (27 ventes quotidiennes en moyenne depuis son lancement le 6 juin), je me jette à l’eau.

Je rappelle le concept : de la bit-lit française !!!! (notez l’adjectif, il est important).

Ça veut dire quoi? Ça veut dire que ça se passe en France, dans le Val d’Oise. Ni a NY, ni à LA parce que je n’y ai jamais fichu les pieds. Qu’il n’y a pas de milliardaires ni de Cadillac. Qu’on roule en 308 sur les routes du Vexin et qu’on va faire ses courses chez Super U.  Que mon héroïne est une fille qui jure tout le temps et qui cherche des solutions à son problème de vampire sur Wikipédia. Que personne ne se taillade les biceps pour cause de rituels à la con. Qu’on ne parle pas un jargon incompréhensible de Cheftaines et de Hellraiser.  Par contre, on écoute volontiers du rock très hard donc fans de Céline, s’abstenir.

Bref. A tous les fanatiques de la Dague Noire qui se désolent de ne pas retrouver chez moi Terminator en habit de lumière, je n’ai qu’une chose à dire : passez votre chemin! Non, ça ne vous plaira pas. Non, chez moi, pas de termes gynécologiques dans les scènes d’amour (vagin, verge, et tout le bataclan), ni de grosse prise de tête avec Mr X l’Éradiqueur et la Vierge Scribouillarde .

Je le sais, j’ai été contrainte de me farcir, en travers, le tome 1, le fameux Amant Je ne sais plus quoi que je n’avais jamais lu, tellement j’en avais marre… Enfin, soyons honnêtes, nous avons gravi l’Everest à 2 : moi et ma fidèle correctrice qui a bloqué à la page 5. J’ai été plus courageuse, je suis allée jusqu’à la page 137 sur 500 et des bananes.  A noter que la traduction est proche du massacre, ce qui n’arrange certainement rien.

Ici, ce sont les Tontons Flingueurs et Papy fait de la Résistance. Le Bal des Vampires, ce que vous voulez mais pas  Sadique qui trucide Horreur.  Si vous voulez lire la même chose que tout le monde, précipitez-vous à la FNAC, il y en a plein les rayons. Mais pitié, ne dépensez pas 2€68 pour vous faire ch… Moi, en attendant, cette plaisanterie m’en a coûté 10 pour un exemplaire d’occasion, ces fichus bouquins ne se vendant pas sous Kindle.  Et des commentaires haineux dont je me passerais volontiers.

Je vous rappelle que la fameuse JR n’a pas le monopole de la scène romantique et que si l’on devait taxer de plagiat tous les livres où le preux chevalier vole au secours de sa belle, il ne resterait plus rien. Que oui, aussi étonnant que cela puisse paraître, un vampire boit du sang. Mais que les miens sont sacrément plus résistants et plus optimistes que d’autres qui passent de sales quarts d’heures lors de transformations subies et de périodes de chaleur (comme c’est poétique) douloureuses. J’ai bien rigolé de la scène de fellation qui ne va pas au bout, c’est tellement américain. Depuis Monica, il faut stopper avant le moment crucial, c’est bien connu, et en rajouter des tonnes sur le cunnilingus, comme chez Harlequin. Quant au brun aux yeux bleus, mesdames, c’est un fantasme féminin très répandu. A la nuance près Vladimir n’est pas aveugle…

Et si vous voulez vraiment vous faire une opinion, passez au Livre 2. J’aimerais bien savoir à qui on va le comparer, celui-là.

Celui-là, ce second coup de gueule, cela fait un moment qu’il me démange. L’auto-promotion… A ne pas confondre avec une mise en avant des classements obtenus par vos ouvrages (photos d’écran à l’appui), ou des commentaires reçus de vos lecteurs qui, eux, sont vérifiables et donc, incontestables (si vous vendez, c’est que cela plaît, point, à la ligne. Il n’y qu’à regarder où vous en êtes sur Amazon).

Non, l’auto-promo, la seule, la vraie, avec ses gros sabots. Celle qui consiste à marteler, à longueur de message, que ce que l’on écrit, c’est du lourd. De l’inratable. A se demander comment les lecteurs ont pu le rater, justement… Dans l’auto-publication, l’auto-promotion est partout. Tout le monde ne parle que d’une chose : soi-même. C’est d’ailleurs un excellent moyen de vous faire un avis sur les classements (et donc, le succès) d’un auteur : plus c’est gros, plus il en rajoute, plus il est mal classé. Vous verrez, ça marche à tous les coups.

Elle commence dès la biographie. Tous ceux qui s’intronisent « roi de la littérature érotique strictement interdite aux moins de 18 ans » (et ils sont nombreux à se disputer le titre), « nouvelle reine de la science-fiction » (selon ses grands-parents, véridique, je l’ai lu), « le nouvel auteur que l’on s’arrache » (dans son quartier… Je suis gentille, dans son immeuble), sont à fuir, à proscrire, à bannir… Ou alors, contentez-vous d’un extrait gratuit, pour rigoler. A titre d’exemple, vous verrez qu’entre « érotique » et « pornographique » (voire, « scatologique »), la nuance est subtile. On vous a dit « du gros, du lourd », vous allez être servis. De l’expression « porno de la ménagère », nouveau style littéraire que l’on méprise ouvertement mais dont on aimerait bien, secrètement, atteindre les chiffres de vente, certains n’ont manifestement retenu que le premier mot.

Ensuite, les réseaux sociaux. Dès que vous commencez à y pointer le bout de votre timide nez de nouvel auto-publié sans expérience, les auteurs plus aguerris vous tombent dessus à bras raccourcis. Vous croulez sous les demandes d’amis. Mais pas pour vous donner des conseils, non. Encore moins, pour vous guider sur cette longue et difficile route où les ornières sont légion. Juste, pour vous demander de « liker » leur page. D’aimer leurs publications. De commenter (élogieusement, s’entend), les extraits gratuits dont ils inondent le web. Vous, on s’en fout. Vous arrivez à vendre des livres? Vade retro satanas! Like ma page! Vous pouvez toujours vous brosser pour obtenir un « j’aime » quand vous annoncez que vous avez dépassé le cap des 500 ventes… Et à 1000, vous n’avez plus d’amis du tout. Vous êtes seul, abandonné au bord du chemin.

Il y a aussi les pages spécialisées, uniquement ouvertes aux auteurs auto-publiés. Je pensais y dénicher des bons plans pour promouvoir mes livres auprès des lecteurs : sur quelles plateformes se lancer? Comment se faire traduire? Est-ce que ça sert à quelque chose, les séances de dédicace? Est-ce que les libraires indépendants nous acceptent?  Grossière erreur de débutant! Naïveté de l’auteur fraîchement débarqué! Je vous explique : tout en haut de la page, il y a la publication du modérateur. Celle qui indique clairement qu’une « promotion raisonnable des ouvrages est acceptée, mais qu’elle sera contrôlée et que ce n’est pas le rôle premier de cette page ». Mon oeil… Parce qu’en-dessous, on s’en donne à coeur joie : « Like ma page ». « Je vous présente mon dernier ouvrage »… « Venez découvrir mon livre, un futur best-seller ». « Il me manque 100 « J’aime » pour intégrer l’Académie Trucmuche, où l’on va écrire à 18 mains (et autant de couteaux) un texte improbable en tirant chacun la couverture à soi, sous l’oeil des caméras ». Vaste programme.  Vous avez aussi le « magazine indépendant », qui ne parle que des publications de sa rédactrice. Le site « spécialisé dans l’auto-édition », qui ne vante que les ouvrages de son fondateur. Et l’on pourrait enfiler les perles, comme cela, pendant des heures. Lesquels auteurs sont, ne l’oublions pas, perdus dans les bas-fonds des classements.

Bref, sur cette fameuse page, je me suis contentée de me présenter en expliquant que j’écrivais mais en évitant de mettre des liens vers Amazon, par discrétion et pour ne pas commencer tout de suite par me coller le modérateur à dos. Après tout, nous étions entre auteurs. Seconde grossière erreur! Comme on me l’a sèchement rappelé : « les auteurs sont aussi des lecteurs »… De qui, à part d’eux-mêmes? Et quand j’ai fait remarquer que nous étions sur un site destiné aux auteurs, la même mal embouchée m’a rétorqué : « parce que des sites de lecteurs, tu en connais »? Ben, oui… Enfin, je crois : Amazon. Mais peut-être que je me trompe.

Allez, un petit dernier, pour la route : j’applaudirai des deux mains (et même des deux pieds) le jour où un auteur aura le courage de présenter son oeuvre, invendue et invendable, en disant : « attention, ce livre, c’est de la merde en branche. J’enfonce des portes ouvertes, je multiplie les poncifs. Si vous voulez vraiment vous faire chier, achetez-le. En plus, 7,99€ pour 35 pages, c’est du vol manifeste. On vous aura prévenus ». Rien que pour le culot et l’auto-dérision, je vous jure que je l’achèterai. Et j’en ferai même la promotion, gratuitement et sans contrepartie. Ce sera peut-être celui-là, le futur best-seller.

Car c’est justement ce qui manque à l’auto-publication : un peu d’auto-dérision, au lieu de toute cette auto-promotion, aussi envahissante qu’inutile. Parce qu’au fond, le seul avis qui compte vraiment, le seul qui puisse nous faire remonter dans les classements, c’est celui du lecteur. Et c’est surtout le seul qui soit fiable et auquel il convienne de s’intéresser.

Voilà, je pousse mon premier coup de gueule. Un coup de gueule qui me monte aux lèvres comme la moutarde au nez depuis que je traîne sur les forums, à la recherche d’une idée lumineuse pour faire ma promotion. Cette idée, je ne l’ai pas trouvée mais j’y ai trouvé autre chose et les bras m’en sont tombés : des posts d’auteurs sur FB, truffés de fautes. Des extraits gratuits sur lesquels les lecteurs étaient encouragés à donner leur avis, truffés de fautes. Pire, des interrogations comme celle-ci :  » je voudrez bien raconté une histoire mes j’ai des problème d’orthographe » (ouf, pour « orthographe », le correcteur automatique était passé par là). Et l’on se refile les bons plans, Antidote et autres logiciels de survie pour affronter une langue française que l’on prétend promouvoir.

Est-ce grave, docteur?

Oui, pour moi, c’est grave. C’est même plus que cela, c’est MORTEL!

Car l’orthographe, ce n’est que la partie émergée de l’iceberg, les 20% que l’on voit quand le reste, le gros, le lourd, est sournoisement caché sous la surface de l’eau. Vouloir écrire sans maîtriser l’orthographe, c’est comme faire du vélo sans les roues. Vouloir faire croire que l’on est un auteur et ne pas être capable de poster deux phrases sans faute (en expliquant qu’on n’a pas eu le temps de se relire (sic)), c’est se tirer une balle dans le pied.

Sans orthographe, pas de syntaxe, pas de concordance des temps, pas de participes passés vu qu’on ne sait pas les accorder et qu’on les évite comme la peste, pas de vocabulaire, pas de recherche stylistique… Pas de texte. Pas d’auteur. Si vous voulez raconter des histoires mais que vous êtes nul en orthographe, il existe cependant des solutions : j’ai lu quelque part (Vanity Fair, de mémoire) que Quentin Tarantino était un handicapé de l’orthographe, qu’il faisait 9000 fautes par page (dixit sa secrétaire attitrée depuis des années). Mais voilà, il n’écrit pas des livres, mais des scénarios de films. Tournez-vous vers le scénario. Mais oubliez les romans.

Quant à ceux qui publient leurs textes gratuits (je reviendrai dans un autre article sur ce que je pense de la gratuité) pour appâter les lecteurs, sans même avoir la correction de corriger les fautes… Et qui s’excusent ensuite, lorsqu’on leur a mis le nez dedans, en disant qu’ils ne se sont pas relus… Je ne trouve pas les mots.  Vous voulez qu’on vous lise alors que vous-mêmes, vous n’êtes pas fichus de le faire? Vous essayez de nous faire croire que vous avez mis tout votre talent, tout votre coeur, dans un texte qui se serait tapé un 0/20 en dictée de CM2?

Voilà, pour moi, l’une des raisons qui font que les auto-publiés ont mauvaise réputation. On balance tout, n’importe quoi, du « pas relu », de préférence, en laissant le soin au lecteur de faire le tri. De dénicher le génie sous un fatras à peine dégrossi. Et comme il n’y parvient pas car même une chatte n’y retrouverait pas ses petits, on crie au scandale. A l’absence de reconnaissance. On accuse le « système ». Lequel? En auto-édition, il n’y en a pas. Il n’y a aucun filtre entre l’écrivain et le lecteur. C’est justement la raison pour laquelle les textes se doivent d’être irréprochables, au moins du point de vue de l’orthographe.

C’est la première des corrections, au sens de « politesse ».